Convention ou Commune ?
Article mis en ligne le 7 juillet 2021
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Convention ou COMMUNE(s), démocratie parlementaire ou DIRECTE ?

« Les relations entre dirigeants jacobins et sans-culottes furent constamment conflictuelles, car les premiers, pour gouverner, devaient conclure des compromis avec d’autres groupes sociaux aux intérêts opposés à ceux des seconds. […] Après Michelet, Albert Mathiez ou Daniel Guérin, Albert Soboul a admirablement démontré les mécanismes de cette lutte inégale entre la dictature bureaucratique des comités et la spontanéité des militants. Ce point intéresse aujourd’hui plus que les méandres de la corruption parlementaire au sein de la Montagne où, manifestement, et en dépit des apparences, les accusations morales étaient moins importantes que l’affrontement entre les partisans du gouvernement révolutionnaire et ses opposants. Dès l’été de 1793, en revanche, Robespierre, Marat et leurs amis avaient tout fait pour ruiner l’influence de Jacques Roux au sein du petit peuple parisien ; ce fut la calomnie qui l’accabla et conduisit à la mort cet apôtre des pauvres et ce défenseur des masses, théologien d’une révolution dont les dirigeants le firent périr. Jean Varlet et Théophile Leclerc furent, à ses côtés, les avocats de cette conception de la démocratie directe dont se méfiaient les « hommes d’Etat », artisans de la dictature jacobine. […] Toute la fin de 1793 fut consacrée, par le gouvernement révolutionnaire, à mater l’esprit d’indépendance et d’autonomie des sociétés provinciales, qui avaient pourtant contribué à le sauver de la crise fédéraliste de l’été. Les dirigeants terroristes parisiens se méfiaient en effet, par principe, de la spontanéité démocratique des sans-culottes locaux et lui préféraient leur hiérarchie bureaucratique d’agents nationaux, sans doute enracinés régionalement mais peu représentatifs de la dynamique de la révolution populaire. L’apogée de cette évolution se situa, au printemps suivant, dans la capitale, où, en moins de deux mois, 77% des sociétés populaires furent liquidées par les comités de salut public et de sureté générale … » (pages 188/ 195 de La Révolution en question, Jacques SOLE, Seuil 1988) … Cf. aussi l’ouvrage de Haim BURSTIN, L’invention du sans-culotte, Odile Jacob 2005, et celui de Marc FERRO, Des soviets au communisme bureaucratique, Gallimard 2017 … sur l’importance prise par les « comitards », les « spécialistes », « bureaucrates » et autres « parvenus » qui se pressent et se presseront toujours autour des structures révolutionnaires pour, par exemple, simplement survivre ! La question se pose d’emblée, lors de cette Première révolution populaire « grandeur nature » : comment aborder au mieux une « période de transition » entre monde ancien des privilégiés et société juste, équitable et – osons un gros mot - universelle … ?

Le schéma ci-dessus ne sert qu’à fixer quelques idées autour du « pouvoir » en 1793. Il manque, bien entendu, d’autres forces en présence (blocus, armées étrangères, Vendéens et « Fédéralistes », « mouvements » paysans, inflation, etc.), certaines visibles en cartographie. Nulle conclusion hâtive donc car collaborations, frictions et contradictions ne sont ici qu’esquissées. Ainsi les Montagnards s’appuient d’abord sur les plus radicaux avant d’éliminer ces concurrents en Germinal an II (4 et 16 avril 1794) ; la Convention donne de l’argent à la Commune pour son fonctionnement ; et les clubs (Cordeliers et Jacobins), comme les sections ou les sociétés populaires provinciales sont loin d’être des blocs homogènes …

En contrepoint, le travail récent de Pierre SERNA (voir 2b ci-après ; pages 46/ 47 de la Documentation photographique, CNRS 2021) qui fournit un autre graphique fouillé sur le « gouvernement révolutionnaire » :

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