Historique et présentation du CRAS
Article mis en ligne le 29 février 2016
dernière modification le 18 avril 2017
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Le Centre de Recherche pour l’Alternative Sociale, l’association CRAS, a été créé en 1979 à l’initiative de deux militants libertaires catalans. C’est un centre d’archives qui regroupait à l’origine des documents issus de diverses expériences de luttes sociales nationales et internationales. Proche des Pyrénées, l’histoire des luttes dans l’Espagne franquiste et la presse des réfugiés politiques espagnols ont trouvé dans ce fonds une place privilégiée.
Un fonds d’archives sur les mouvements sociaux, le projet était suffisamment attractif pour intéresser d’autres personnes qui avaient toutes en commun le souci de conservation de la mémoire des luttes. Un tel fonds d’archives historiques n’existait pas dans la région. Il s’enrichit rapidement de collections personnelles ou ayant appartenues à des collectifs : mouvement des objecteurs de conscience, mouvement antinucléaire, résistance à la montée du racisme et de la xénophobie... pour les luttes les plus marquantes.
Au milieu des années 1980, le CRAS disposait d’un petit local de rangement derrière la gare Matabiau, à Toulouse. La démarche était concrète : bloquer la déperdition des traces des luttes sociales locales et permettre la diffusion des archives en ouvrant le fonds aux chercheurs, aux étudiants, aux militants, au public...
Au fil des années, grâce à des personnes engagées sur le terrain, soucieuses de mémoire et véritables collecteurs bénévoles mais ô combien enthousiastes, c’est constitué un fonds unique composé de monographies, journaux, tracts, affiches, photos, dossiers, d’une bibliothèque… L’essentiel des archives couvre la période de la fin des années 1960 à nos jours. Plus de cent mètres linéaires de rayonnage, plus d’une dizaine de mètres cubes de documents.
L’initiative est portée par le désir de se réapproprier la mémoire et de ne pas laisser aux vainqueurs et aux tenants de la pensée dominante le soin d’écrire notre histoire. Leur vision n’est pas la nôtre. L’objectif de l’association est toujours de recueillir les traces des luttes passées et présentes, des expériences alternatives, individuelles ou collectives et des moments de rébellion, qu’ils soient des révoltes sans lendemains ou qu’ils s’inscrivent dans un projet révolutionnaire de bouleversement de l’ordre établi. Son but est aussi de rassembler des documents critiques sur le monde et son devenir. L’association mène également une activité d’édition et de diffusion.
Hors des structures politiques institutionnelles, le CRAS n’est pas un parti, ni un syndicat, c’est une association d’individu-es qui se concertent pour mener ce projet en commun. Conserver la mémoire, la tâche n’est pas simple. L’autonomie politique et financière semble toujours la meilleure garantie pour gérer ce fonds loin des querelles de chapelles et des prises de pouvoir. Devant la réalité d’un projet aussi difficile à porter sur le long terme et vue sa concrétisation pendant près de trente cinq ans, il est indéniable que le but a été en partie atteint.
Les utilisateurs du fonds peuvent en témoigner. Les archives du CRAS ont servi (et servent toujours) à bon nombre de travaux historiques (thèses, livres, films, exposition...). Chercheurs, réalisateurs, historiens, étudiants, militants, acteurs de la sphère socio-culturelle ou simples curieux, ont pu ainsi satisfaire leurs besoins de sources que l’association c’est toujours évertuée à transmettre. Les archives du CRAS sont vivantes, elles participent à la fabrication d’outils d’information et de réflexion (articles, brochures…). Le CRAS a une réelle utilité publique. Ce fonds d’archives fait intégralement partie du patrimoine culturel et social de la région et de la ville de Toulouse en particulier.
Le CRAS est affilié à la FICEDL (Fédération internationale des centres d’études et de documentation libertaires). Un travail d’échanges est également entrepris avec d’autres centres d’archives. Les relations avec la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Nanterre, le Centres international de recherche sur l’anarchie de Marseille et celui de Lausanne, le Centre d’histoire du travail de Nantes, le Centre d’histoire sociale d’Amsterdam... permettent d’orienter les chercheurs ou de compléter des collections en faisant circuler les doubles.
En 2001, l’association a été, comme malheureusement trop de toulousains-es, victimes de l’explosion de l’usine d’AZF. Le local, prêté par un adhérent, fut en partie détruit. Ces dernières années, la flambée des prix de l’immobilier n’a pas permis d’en retrouver un autre adapté. Les archives ont été dispersées dans divers lieux aux quatre coins de la ville. Cette situation fragilise l’association, perturbe fortement l’activité et oblige à déplacer des masses de cartons pour les demandes de consultations (parfois difficiles à honorer). Cette précarité met en péril les documents.
Si le CRAS veut envisager l’avenir avec sérénité, il lui faut résoudre ce problème de local. Pour un fonctionnement harmonieux, l’association doit disposer d’une structure pérenne, d’une surface suffisante, pouvant accueillir l’ensemble du fonds, la bibliothèque, un espace pour la consultation et un bureau pour l’administratif. Le travail sur archives sous-entend un lieu au minimum convivial et accessible, où le public peut avoir l’ensemble des collections à sa disposition.

Toulouse, février 2014



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