Espagne 1936
Article mis en ligne le 20 novembre 2013
dernière modification le 8 novembre 2016
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"Rien n’est plus vivant qu’un souvenir", Federico Garcia Lorca


Abel PAZ : alias Diego

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Article du centre ascaso-durruti de Montpellier

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Abel PAZ est né à Almeria en 1921, dans une famille d’ouvriers agricoles. C’est en 1930 que Diego Camacho Escámez émigre à Barcelone avec sa famille. Á partir de 1932 il est élève à l’école rationaliste "Natura" de Clot, dirigée par Juan Puig Elias. Á l’été 1935 il retourne à Almeria avec sa mère et adhère à la CNT et aux Jeunesses Libertaires (FIJL). Il fréquente le local de l’association paysanne "La Aurora" et milite aux cotés de Carlos Cueto García. En février 1936 il retourne définitivement à Barcelone où tout en continuant à fréquenter l’Ateneo "Eclectico" il travaille dans une usine textile puis dans un kiosque à journaux tenu par Liberto Sarrau Royes. Membre des groupes de défense de Clot, il fait partie du groupe Los Quijotes del ideal de la FIJL et de la FAI, groupe qui dès le début de la révolution de juillet 1936 allait s’ opposer à la participation gouvernementale. Il travaille alors dans un atelier de mécanique-chaudronnerie.
Sa participation aux évènements de mai 1937 lui vaut d’être brièvement arrêté. En juin 1937 il est le délégué de Clot au plénum régional des Jeunesses Libertaires. En octobre 1937 avec Germinal Gracia Ibars et Liberto Sarrau, il participe à la collectivité agricole de Cervia (Lerida). Délégué au plénum de la FIJL de 1938 il part ensuite pour le front dans le XI Corps d’armée à Artesa de Segre sous le commandement de Manuel Iglesias.
Passé en France en février 1939, il est interné dans divers camps, Saint Cyprien, Argelès, Bram, etc, puis travaille successivement à Bordeaux, dans les Landes, puis à Saint Jean de Luz d’où il s’échappe et regagne Bordeaux. En 1941 il est à Marseille et fait partie avec Daniel Berbegal d’une commission de réorganisation de la CNT. il est à nouveau emprisonné, en France jusqu’en avril 1942, date à laquelle il décide de rentrer en Espagne pour poursuivre la lutte.
En juin 1942 il passe en Espagne avec Liberto Sarrau. Il travaille alors dans la construction à Barcelone et est membre de la FIJL. Arrêté le 8 décembre 1942 il est condamné à sept ans de prison et interné successivement à Barcelone, Burgos, Gerone et Salt. Libéré le 13 avril 1947, il poursuit la lutte dans la clandestinité. Lors de la vague de grèves de mai 1947 il est envoyé par les comités péninsulaires de la FIJL et de la FAI à Bilbao pour recueillir des informations. En juillet 1947 il devient délégué de la FIJL de Catalogne au Comité péninsulaire de la FIJL et participe au plénum de Madrid à l’issue duquel il est arrêté. Il collabore à cette époque à l’organe clandestin de la FIJL Juventud Libre (Madrid, au moins 5 numéros de mai à décembre 1947). Emprisonné à La Modelo de Barcelone, il collabore en 1949 avec Emilio Vilardaga et Manuel Llatser aux bulletins des prisons La Voz Confederal et CNT Entre Rejas, puis il est transféré au Sanatorium anti-tuberculeux de Cuellar. Libéré en 1952 il travaille alors dans une fabrique de bière de Barcelone. En juin 1953 il est envoyé en France comme délégué de l’intérieur au congrès de l’AIT.
En décembre 1953 le Secrétariat Intercontinental de la CNT lui confie la mission de retourner en Espagne pour y organiser la publication de Solidaridad Obrera et CNT. Á Barcelone c’est avec Manuel Llatser Tomas "Rosendo" employé à la maison d’éditions Regina, Antonio Miracle Guitart, Antonio Ramia Antequera et Gaspar de Lloret De Aguilar que le projet est mis en route ; un local, au n°4 bis de la rue San Paulino de Nola, est trouvé où allaient être imprimés les journaux confédéraux à partir de juin 1954. Les contacts avec l’exil étaient assurés par Primitivo Llansola Ranau, sa compagne Dolores Cabanes Montañés, Maria Mas Canals et Juan Vicente Castells. La diffusion est assurée par Carmen Edo Gil, chez qui les exemplaires étaient déposés. C’est cette équipe qui assurera le tirage à 5.000 exemplaires d’au moins 6 numéros entre juin 1954 et août 1955 où l’imprimerie sera découverte par la police.
Très vite Diego Camacho démissionne de la Commission de défense et retourne en France où il retrouve sa compagne Antonia Fontanillas. Il séjourne d’abord à Clermont Ferrand puis à Paris. Militant de la CNT en exil, il est également membre de la Commission de relations de la FIJL (jusqu’en 1959) et de la FAI (d’abord dans le même groupe qu’Antonio Cañete, Crescencio Rodríguez, etc.) puis dans le groupe Nervio avec Ildefonso González Gil et José Arolas. En 1957 il est un des délégués de Paris au Congrès de la FIJL à Toulouse. Il participera ultérieurement à la plupart des congrès de l’exil et collaborera à l’ensemble de la presse libertaire sous divers pseudonymes dont Helios, Xeus, Luis Del Olmo, Iberico et bien sur Abel Paz. Ouvrier à l’imprimerie La Néogravure d’Issy-les-Moulineaux, il maintient de nombreux contacts avec la nouvelle génération de militants libertaires, tant espagnols que français, apparue lors des évènements de mai 1968. Tour à tour compagnon de Avelina Ronchera puis de Jenny Benimeli il se consacre à l’écriture et en particulier à la biographie de Buenaventura Durruti qui sera traduite dans une quinzaine de langues.
Il rentre en Espagne en 1977, membre de la fédération locale de Barcelone de la CNT, il contribue à la formation du Centro de Documentación Historico Social (CDHS). Il se consacre alors à l’écriture de livres historiques et autobiographiques, tout en participant à de multiples conférences et débats, tant en Espagne qu’à l’étranger.
En 1996, il lègue sa bibliothèque personnelle, 5400 livres environ, et une partie de ses archives à un groupe de personnes, pour fonder le Centre Ascaso Durruti à Montpellier.
Diego Camacho, Abel Paz, est décédé à Barcelone le 13 avril 2009.

Bibliographie :
- La CNT y el porvenir de España (Toulouse, CNT, 1963)
- Paragdima de una revolución (19 del julio del 36 en Barcelona) (Choisy, 1967)
- Durruti, le peuple en armes (Paris, La Tête de Feuilles, avec de nombreuses traductions, 1972)
- Actuacion y proyeccion de la CNT y el anarquismo. La organisazión (Barcelone, CEL, 1980, avec Semprún Maura)
- CNT 1939-1951 (Barcelone,FAL, 1982)
- Cronica de la columna de ferro (Barcelone, Hacer, 1984)
- Al pie del muro (1942-1954), mémoires,(Barcelone, Hacer, 1991)
- Los internacionales en la region española 1868-1872 (Barcelone, EA-Auteur, 1992)
- Entre la niebla (1939-1942), mémoires,(Barcelone, Medusa-Auteur, 1993)
- Viaje al pasado (1936-1939), mémoires,(Barcelone, Auteur, 1995)
- Durruti en la revolucion española (Madrid, Laia, 1996)
- Entre chumberas y alacranes (1921_1936), mémoires, (Barcelone, Medusa-Auteur, 1996)
- Durruti (Madrid, 1997)
- La guerre d’Espagne (Paris, Hazan, 1997)
- La cuestion de Marruecos y la Republica española (Madrid, 2000).

Sources : Miguel Iñiguez "Enciclopedia histórica del anarquismo espagnol, Vitoria,"Associación Isaac Puentes", 2008, op. cit. // Lettres de D. Camacho // Lettre de Manuel Llatser, 21 mai 1986// Notes D. Dupuy// Mémoires autobiographiques de D. Camacho/

DIEGO, film de F. Goldbronn, 40 mn, 1999


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« Vivre l’utopie », film de Juan Gamero, F. Rios, Mariona Roca, Mitzi Kotnik, 1h34, 1997


« UN AUTRE FUTUR », film de R. Prost, 2 parties de 2h 30mn et 55mn, 1989

Ce film est né de la volonté des vieux libertaires espagnols de reconstituer la mémoire collective de leur génération, et de nous en laisser témoignage. Dispersés par l’exil, affaiblis par l’âge, ils ont gardé une étonnante jeunesse lorsqu’il s’est agit de se lancer, une fois encore, dans une aventure commune. Dans la résistance à Franco. Ils maintiendront tout ce qui fait leur force et leur singularité ; la permanence de leur propre culture, ils connaîtront tout ; la clandestinité, l’exil, les grèves, la résistance armée...
C’est le sacrifice d’une génération qui, durant un demi-siècle, n’a pas admis qu’on efface de la mémoire collective une expérience singulière qui n’a fait aucune concession aux idéologies totalitaires du XXe siècle.
A travers quelques portraits exemplaires et des images d’archives inédites, l’histoire de cet exil et de cette résistance.

1ère partie : « l’Espagne en rouge et noir »

2ème partie : « Contre vents et marées »


MUJERES LIBRES


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Histoire des Mujeres Libres :
Femmes ! Votre famille est constituée de tous ceux qui se battent pour la Liberté.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, l’anarcha-féminisme se développe en Espagne, où les idées libertaires et anti-autoritaires sont assez enracinées, grâce en particulier à Belen Sarraga, Teresa Claramunt et Teresa Manunt. Mais le mouvement ne dispose d’aucune organisation digne de ce nom. Même si, depuis sa fondation en 1910, la Confederación nacional del trabajo (CNT) a toujours promu la parité de droit, elle reste essentiellement composée d’hommes et il faut attendre la fin des années 20 - début des années 30 pour voir émerger en son sein un mouvement féministe. En 1934 est constitué à Barcelone le Grupo Cultural Femenino (Groupe culturel féminin), interne à la structure de la CNT. Un autre groupe, plus combatif, se forme à Madrid, et est composé principalement de l’écrivaine Lucia Sanchez Saornil, de l’avocate Mercedes Comaposada Giullen et de la doctoresse Amparo Poch y Gascon. Ce sont elles qui, le 1er mai 1936, éditent le premier numéro de la revue Mujeres Libres (13 numéros jusqu’en 1938). Les deux groupes se rapprochent puis forment, en août 1937 à Valence, le groupe Mujeres Libres, composé de 147 sections locales (elles-mêmes regroupant au moins dix membres). L’organisation se développe rapidement pour atteindre à son apogée environ 30 000 membres pour tout l’Espagne en 1938.

lire le texte de anarchopedia __

DE TODA LA VIDA, film de Lisa Berger et Carol Mazer, 1986 :


ESPAÑA 1936, images d’époque, françaises et espagnoles :

voir le film


Espagne 1939 La Retirada


La tragédie des Brigades Internationales

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